lucia diris

Je peins pour Voir. C’est entrer dans un lieu mystérieux de soi et de ce qui vit, un bain du regard, un dévoilement. Enfant, je touchais le premier étonnement de voir se former dans mes dessins l’inaperçu, l’imprévisible, l’intouchable même : tu laisses aller la main et soudain, tu vois ! Cette magie. Aussi, j’éprouvais déjà la peine d’exister, le chagrin de la guerre, de la violence perpétuelle et de l’ignorance des hommes – comment vivre ? Peindre m’a permis de marcher, d’aller dans la question, jusqu’ici. Ici n’est plus la volonté de représenter quelque chose, le sujet s’est perdu, la structure s’effondre ; seule se déploie, pour respirer, l’émouvante beauté d’inconnu de Voir. Que le geste s’initie d’une saveur de lumière ou à la contemplation d’un espace, dans le fracas aujourd’hui sans bords de la catastrophe planétaire ou à l’écoute des aventuriers du Son (musiciens, poètes) où vient s’écrire et résonner la dynamique graphique, il s’agit de laisser surgir, par le mouvement et dans la profondeur des couches de sédimentation de la couleur, la stupeur, le ravissement de l’Oeil, jusqu’à la racine de l’image, jusqu’au silence.

Peindre est mon cÅ“ur. Toutes mes pratiques d’art visuel l’ont nourri, l’irriguent encore, sans cloisonnement : le dessin, mon métier à tisser, le graphisme, qui m’a donné le sens de la composition, la photographie, l’instantané de la sensation visuelle qui devient souvent une couche d’écriture invisible du tableau, l’aventure cinématographique de colorimétrie, d’éclairage, d’animation dans les films d’aurélien réal, où s’affinent le modelage de la lumière et le nuancier de la couleur, l’exploration nouvelle de l’encaustique et de la céramique, deux arts du feu dans la matière somptueuse de la cire d’abeille, où se révèle par fontes successives l’intensité presque transparente du pigment, et le socle brut de la terre, l’argile, où se retrouve le geste ancestral de la gravure. Tout est pour le moment où la lumière paraît, parvient, dans la perte même de la quête, du fond silencieux de je ne sais pas. J’ai toujours peint jusqu’au silence. Aujourd’hui c’est un chant, pour ceux qui partent, pour trouver dans le deuil une autre tendresse, ou simplement honorer l’émotion du vivant – un chant du silence.

expositions et évènements

mes prochaines expositions

  • 2026 - du 6 au 19 juillet / Bellême

    exposition de peinture / au Grenier à Sel - 61130 Bellême

Vues de l’exposition lucia diris au Festival L’Art à la Perrière – mai 2026

Vues de l’exposition à Bellême (Normandie) – Septembre 2025

Une vue de l’exposition RADIANCE à la Galerie Hémisphère de Saumur – 2017

catalogue lucia diris 2018/2019
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